Baisses des dotations aux collectivités : heureusement que l’Etat le fait !

Ce titre en forme de provocation est en réponse à un reportage vu au journal de 20 h du 18/09, dans lequel le maire d’une commune de 240 habitants indiquait qu’il allait perdre 5000 € de dotation annuelle et qu’en conséquence il allait renoncer au projet de médiathèque qu’il avait eu pour sa commune ! Oui, vous avez bien lu : une collectivité de 240 habitants voulait se doter d’une médiathèque !!!! Loin de moi l’idée de priver quelque population que ce soit de l’accès à la culture. Mais cet accès ne doit-il pas être réfléchi à l’aune d’un bassin de population suffisant afin de mutualiser des moyens, dont on se plaint de la maigreur ? Evidemment ! Cela relève du bon sens. Combien de salles des fêtes innocupées 95% de l’année les communes françaises comptent-elles ? L’esprit de clocher si cher aux français doit être dépassé s’agissant des moyens qui doivent être consacrés à la collectivité.

Je regrette de voir tous ces maires « manifester » contre la baisse des dotations. Et c’est « amusant » que cette action soit initiée par François Baroin, Président de l’AMF et ancien ministre des finances de N. Sarkozy (Association des Maires de France) qui, si son mentor avait été (ré)élu en 2012, aurait expliqué aux maires de toute la France qu’ils devaient accepter une baisse de leurs moyens certainement supérieure à ce qu’elle est aujourd’hui.

Lors du dernier conseil municipal, Mme le maire a soumis au vote du conseil la motion présentée par l’AMF et dénonçant cette baisse des dotations. J’ai voté contre en dénonçant la simple défense d’intérêts catégoriels, défendue par cette motion. En effet, à aucun moment, le texte de la motion ne fait des propositions.

La France compte 36800 communes, soit 49 % de l’ensemble des communes européennes. Plus encore, 75 % de ces communes ont moins de 10000 habitants (représentant 15 % de la population totale de la France). Quelle que soit la dotation versée par l’Etat, quelle sont les marges de manœuvre de ces communes ? Vouloir construire une médiathèque dans une commune de 240 habitants ?…il y a longtemps que je me suis rendu compte que les collectivités locales étaient riches avec l’argent des contribuables et de l’Etat, mais là on atteint des records !

Seules une vision globale des besoins d’un territoire -conforme à celui des intercommunalités ?- est viable. L’esprit de clocher si cher à nos concitoyens, y survivra. La convivialité entre citoyens, entre habitants d’une même endroit ne coûte rien…

L’Etat devrait être beaucoup plus directif dans le regroupement des communes. Si on laisse le temps faire son œuvre pour que les collectivités acceptent de se regrouper….il ne faudra que quelques décennies et sans doute un siècle pour arriver à fusionner des territoires qui devraient l’être depuis longtemps… Or, plus que l’argent, du temps nous n’en avons plus !

Le congrès : le choix

Après le temps des contributions, le temps des motions. Je regrette qu’il n’y ait pas de motion intitulée : « Tous socialistes ! « ….

Cela étant, l’avantage d’un parti démocratique, qui refuse le culte du chef, accepte le débat, le propose et l’organise, c’est de pouvoir infléchir un idéal qui nous rassemble, de société plus égalitaire, plus juste, plus humaine, et pour cela d’en débattre, jusque dans les propositions exprimées, parfois mises en oeuvre lorsqu’elles sont reprises par le Gouvernement et le Parlement.

Bref, pour moi, c’est la motion B « A gauche, pour gagner ». Je refuse d’y voir la motion des « frondeurs », seulement une motion qui souhaite un parti socialiste le plus proche possible de ses racines.

Scoop

Sarkozy en 1ère page du Journal Du Dimanche :  » Je veux que la France tourne le dos à la médiocrité « …ah bon ? Il quitte la politique ?

Les propositions du Medef : retour à l’état de nature

Selon Gattaz, président du Medef, « le modèle social français a vécu ». La crise, la situation actuelle de la France, sa situation économique, l’état de sa dette publique, justifient des mesures drastiques, et un constat.
Les mesures : suppression de jours fériés, création d’un salaire inférieur au smic, remise en cause des 35h, réduction des cotisations patronales (pour une fois que le Medef ne parle pas de charge sociales…), modification des seuils sociaux, ouverture des commerces le soir et le dimanche, généralisation du contrat de chantier à tous les secteurs… Sans tomber dans la caricature, trop facile à ce niveau, on sent bien que la pensée du Medef pourrait vite devenir sans limite : entre la suppression de la retraite (à chacun de prévoir sa fin de vie…) et le travail des enfants, on sent bien qu’il reste des marges de manœuvre !
Le constat : le modèle social à vécu.
Incroyable l’étroitesse d’esprit que révèle cette demande ! A moins qu’elle n’en dise beaucoup plus au fond de la pensée, pour ne pas dire de l’idéologie, de ses auteurs, considérant ici que Gattaz n’est que le porte-parole d’un mouvement.
Puisque visiblement Gattaz ne réfléchit pas, ce qui est très inquiétant pour un responsable d’organisation comme lui, nous allons lui expliquer.
Depuis que l’homme existe, il n’a eu de cesse de chercher à améliorer sa condition, à progresser,…
Une fois ses besoins primaires assurés (manger,…), il n’a eu de cesse de chercher à améliorer ses conditions de vie. Si cette amélioration est recherchée et n’est ressentie que sur un plan personnel, elle ne s’acquiert que collectivement. Les conditions de chacun peuvent éventuellement s’améliorer différemment d’une personne à l’autre (différence de salaire en fonction de l’emploi occupé, aspirations personnelles,…) il n’en demeure pas moins que l’amélioration est collective.
Ainsi est-on passé de la condition du servage au moyen-âge -obligatoire, contrainte et subie pour les hommes et femmes concernés-à celle, peu enviable sur un plan matériel, d’un homme, voire d’un citoyen libre….mais asservi par le travail, bien peu rémunérateur, au XIXème siècle.
Les progrès, économiques, mais surtout sociaux, ont fait que l’homme a continué au prix de luttes le plus souvent, à acquérir de nouveaux droits, qui se sont révélés être plus une protection que des avantages dont il pourrait aisément se défaire aujourd’hui.
Eh bien, c’est pourtant exactement ce que considère Gattaz aujourd’hui. Pire ! Il considère qu’on a affaire là à de véritables privilèges (étymologiquement, une loi privée !) que la situation actuelle justifie qu’ils soient remis en cause !
Et bien non, M. Gattaz. Ce que vous voulez remettre en cause conduit à une régression sociale inacceptable. Votre rôle, notre rôle à tous est de chercher à savoir comment nous devons faire perdurer l’état de développement social que nous avons atteint, et même plus encore, comment nous pouvons faire pour le faire progresser. Car, n’est-ce pas là le seul but que l’Homme, l’Etre Humain, le Citoyen, doit rechercher : l’amélioration de sa condition. Cette recherche ne doit pas passer, ne passera jamais, par un retour en arrière.

Quelle serait alors dans ce cas des contre-propositions à celles de Gattaz et de ses amis ? Je ne prendrais qu’un exemple. Le peu de croissance actuel empêche la création d’emplois. Peut-être même ne retrouverons nous pas de sitôt une croissance créatrice d’emploi ? Et bien dans ce cas, ne faudrait-il pas mieux partager le temps (au sens de volume) d’emploi tel qu’il existe aujourd’hui ? Autrement, M. Gattaz, n’y aurait-il pas lieu de passer aux 32 h, comme le préconisent certains économistes ?
Par ailleurs, en quoi l’ouverture des commerces le soir et le dimanche serait-elle propice à l’économie, à la consommation ? En économie, tout le monde le sait, sauf M. Gattaz, le consommateur dispose d’un volume (ses disponibilités) qu’il peut consommer. Le temps qu’on lui propose pour le faire importe peu. Il consommera sur 5, 6 ou 7 jours, mais il ne consommera pas plus que ce dont il dispose. Alors, sauf à ce que M. Gattaz propose une revalorisation substantielle des salaires, quelle sera l’efficacité d’une telle mesure sur l’économie et la croissance ? La preuve ? Les consommateurs du dimanche ou du soir, dépensent-ils plus proportionnellement du fait d’ouvertures tardives ? Bien sûr que non ! Sauf à assouvir leur plaisir (je consomme 24/24h ! ), la consommation ne s’améliore pas dans ces conditions. Il s’agit seulement d’un étalement de la consommation dans le temps, avec une répartition différente.
Au fond, ces propositions du Medef sont très révélatrices de la vision que chacun a de la société. Les auteurs de ces propositions idéalisent une société, celle de ce qu’ils considèrent comme l’âge d’or du capitalisme, le XIXème siècle et son essor, qui a vu apparaître la création des très grandes fortunes, que l’environnement économique -la Révolution industrielle- et social -l’absence de toute législation- ont permis.
Ces propositions aujourd’hui en disent très long sur l’esprit de leurs auteurs, qui ne cherchent nullement à créer de l’emploi pour ceux qui en sont privés, si cela arrive ce sera de manière incidente, mais à protéger une caste, leur caste.
Ils considèrent que l’homme ne doit sa situation qu’à ses seuls mérites. Héritiers d’un passé qui a vu leurs aînés assoir leur domination en asservissant la majorité, ils n’ont de cesse de vouloir maintenir cette domination.
Non seulement, le retour aux temps bénis des débuts du capitalisme ne les gêne pas, mais ils le souhaitent. Comment expliquer autrement la proposition de la création d’un salaire inférieur au SMIC ? Ont-ils seulement idée de ce que cela représente aujourd’hui de vivre avec 1100€ net par mois ? Bien sur que non, pour eux qui dépensent 10 fois, 100 fois cette somme mensuellement (ils n’ont d’ailleurs même pas le temps de tout dépenser, c’est pourquoi ils veulent pouvoir le faire le soir ou le dimanche !).
Ce qu’ils acceptent de verser aux plus démunis -les minimas sociaux- n’est toléré que comme la garantie d’une espèce de paix sociale. Encore veulent-ils bien faire comprendre aux bénéficiaires qu’ils sont coupables de toucher ces aides. C’est pourquoi ils proposent la remise en cause du salaire minimal, considérant qu’il leur sera possible de faire travailler toute personne qui touche un revenu, aussi faible soit-il, y compris s’il s’agit d’un revenu de remplacement.
À l’état de nature, L’homme est un loup pour l’homme disait Thomas Hobbes. Quand certains ont dépassé cet état originel, d’autres s’y complaisent.

Sénatoriales 2014 : cherche PS désespérément

Au courrier ce matin, certaines des professions de foi des candidats aux élections sénatoriales du 28 septembre prochain.

Premier document : pas de logo,  juste une précision : liste d’union UMP – Divers droite…euh….pas vraiment mon candidat

Deuxième document : pas de parti, pas de logo, pas de précisions, des couleurs moutarde et kaki ???? Juste le nom du candidat : François Aubey.

Déçu !

Je regrette l’absence de candidat PS cette année. Même pas de candidat d’union de la gauche, ou de la gauche réunie… Je sais que les temps sont durs pour le Président de la République, le Gouvernement et la majorité parlementaire. Mais justement, un candidat affirmant ouvertement ses valeurs socialistes, aurait pour lui l’honnêteté d’un engagement politique. Je suis sûr que les « grands » électeurs lui s-en serait reconnaissant. Dommage !

Après lecture des documents reçus, un des deux candidats -le moutarde-kaki- se réclame tête de liste de la Gauche républicaine. Etant de gauche, je voterai pour lui.

 

Messieurs les censeurs….

A tous ceux qui dénoncent le procès d’intention mené par les « frondeurs » du PS contre Emmanuel Macron, nouveau ministre de l’économie, qui représenterait le choix d’un virage « libéral » du pouvoir exécutif, et qui donc le défendent sur le ton : « et alors, un banquier ne pourrait-il pas être de gauche ?…. »,  « c’est un social-démocrate » je réponds : oui, un banquier peut être de gauche, oui on a le droit d’être social- -démocrate.

Mais dans ce cas, en quoi les critiques de ces contempteurs des « frondeurs »- qualifiés au mieux d’irréalistes, pour ne pas dire d’utopistes ou de doux rêveurs, qui ne connaissent rien aux mécanismes de l’économie – seraient-elles plus légitimes ?

Leur démonstration est simple et n’appelle aucune réplique possible : les socialistes qui réclament une politique plus à gauche seraient disqualifiés par leur méconnaissance de l’économie, leur propension à vouloir dépenser plus dans une situation de richesse nationale exsangue, qui ne laisse aucune marge de manoeuvre. Demander un desserrement de la règle  de la limitation des déficits à 3% du PIB serait une pure hérésie, tant une saine gestion des finances publiques appelle à ce que l’équilibre budgétaire soit érigé en dogme !

Premièrement, cette règle inepte, ou plus exactement ce taux, ne repose sur aucune théorie économique. Elle a été fixée de manière tout à fait aléatoire. S’en affranchir en temps de crise n’est donc pas une hérésie.

Deuxièmement, en quoi la politique libérale serait la seule voie du salut ? N’est-ce pas cette politique, mise en oeuvre depuis des décennies, amplifiée dans les dernières années, qui a conduit à la plus grave crise économique que le monde ait connue depuis 1929 ?

Par ailleurs, on nous explique que c’est autant la forme que le fond qui ont été reproché à Arnaud Montebourg et Benoît Hamon. Il ne leur serait pas reproché de vouloir réclamer un peu plus de social, mais de l’avoir fait en dénonçant le primat donné à l’entreprise plutôt qu’au salarié.

Dans ce cas que dire de l’attitude du Premier Ministre, qui, comme pour conjurer cette attitude, est allé aux journées d’été du MEDEF  comme on va à Canossa. Sa déclaration d’amour aux entreprises résonnait comme un écho aux déclarations de Montebourg et Hamon en faveur des salariés.

OK me dira-t-on, c’est qui le patron ? C’est le premier ministre, et c’est donc à lui d’apprécier de quel côté -entreprise ou salarié- on souhaite se placer pour oeuvrer au redressement du pays, étant précisé que tout le monde est d’accord pour dire que les deux -entreprise et salarié- doivent être aidés. Le choix de la priorité retenue reflète clairement un choix politique. On appréciera donc à sa juste valeur le choix fait par l’actuel gouvernement.